Aller au contenu
ZcorpsCabinet d'accessibilité numérique

European Accessibility Act : qui est concerné en France, et que faire en 2026 ?

Mis à jour le , par Tania Zermane.

L'essentiel

  • Depuis le 28 juin 2025, de nombreux services numériques proposés au grand public doivent être accessibles aux personnes handicapées : commerce en ligne, banque, transport de voyageurs, communications électroniques, livres numériques, accès aux services audiovisuels.
  • Les micro-entreprises sont exemptées pour les services : moins de 10 salariés et un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan inférieur à 2 millions d'euros.
  • En cas de manquement, l'amende peut atteindre 7 500 euros par infraction pour une entreprise, 15 000 euros en cas de récidive, et les amendes se cumulent.
  • La DGCCRF contrôle depuis l'entrée en vigueur du texte, notamment après des signalements.
  • En 2026, deux tribunaux ont rendu des décisions opposées sur la portée du texte pour les entreprises privées. Un appel est en cours.

Qu'est-ce que l'European Accessibility Act ?

L'European Accessibility Act est la directive (UE) 2019/882. Elle fixe des exigences d'accessibilité communes à toute l'Union européenne pour une liste de produits et de services. En France, elle est transposée dans le Code de la consommation (article L. 412-13) par la loi du 9 mars 2023, et précisée par le décret n° 2023-931 du 9 octobre 2023.

Son objectif est simple : qu'une personne aveugle, sourde, à mobilité réduite ou ayant des difficultés cognitives puisse acheter, réserver, payer ou s'informer en ligne comme tout le monde.

Quels services numériques sont concernés ?

Les principaux services visés sont :

Des produits sont aussi concernés : ordinateurs, smartphones, terminaux de paiement, bornes de billetterie ou d'enregistrement, liseuses.

Qui est exempté ?

Les micro-entreprises qui fournissent des services sont exemptées. Une entreprise est une micro-entreprise si elle emploie moins de 10 personnes et si son chiffre d'affaires annuel ou son total de bilan ne dépasse pas 2 millions d'euros. Une entreprise de 15 salariés dont le chiffre d'affaires est de 1 million d'euros n'est donc pas exemptée.

Le texte prévoit aussi deux exceptions, qui doivent être justifiées et documentées : lorsque l'exigence modifierait fondamentalement la nature du service, ou lorsqu'elle représenterait une charge disproportionnée.

Quelle différence avec l'obligation de la loi de 2005 ?

Deux régimes coexistent en France. Ils peuvent s'appliquer ensemble à une même organisation.

Les deux régimes d'accessibilité numérique en France
CritèreLoi de 2005, article 47European Accessibility Act, Code de la consommation
QuiOrganismes publics, délégataires de service public, certains organismes privés d'intérêt général, entreprises d'au moins 250 millions d'euros de chiffre d'affaires en FranceOpérateurs économiques qui proposent les services ou produits visés, sauf micro-entreprises pour les services
RéférentielRGAAExigences de la directive, norme européenne EN 301 549
DocumentsDéclaration d'accessibilité, schéma pluriannuel, plan d'action annuel, mention en page d'accueilInformations sur l'accessibilité du service, notamment dans les conditions générales
ContrôleArcom, suivi ministériel annuel pour les organismes publics et assimilésDGCCRF, et Arcom pour certains services comme les livres numériques
SanctionsJusqu'à 25 000 euros pour les obligations déclaratives, jusqu'à 50 000 euros pour le défaut d'accessibilité selon la catégorie d'organismeJusqu'à 7 500 euros par infraction pour une entreprise, 15 000 euros en récidive, cumulables

Le décret n° 2026-816 du 24 août 2026, entré en vigueur le 27 août, a actualisé le cadre de l'article 47 : alignement du référentiel sur les normes européennes et suivi annuel des organismes publics et assimilés.

Existe-t-il encore des délais ?

Pour les équipements seulement, selon la DGCCRF. Jusqu'au 28 juin 2030, un prestataire peut continuer à fournir son service avec des produits qu'il utilisait légalement avant le 28 juin 2025, comme un terminal ou une borne. Un site ou une application de vente mis à jour ou créé aujourd'hui ne bénéficie pas de ce délai.

Que disent les tribunaux en 2026 ?

Les associations apiDV et Droit Pluriel ont assigné quatre enseignes de la grande distribution pour l'inaccessibilité de leurs services en ligne. Les premières décisions divergent :

Ces décisions portent sur des actions d'associations devant le juge civil. Elles ne suppriment pas le pouvoir de contrôle et de sanction de la DGCCRF. Cette section sera mise à jour à chaque décision.

Que faire concrètement ?

  1. Vérifier si vous êtes concerné : secteur, effectif, chiffre d'affaires ou bilan. Le pré-diagnostic gratuit le fait pour vous en 48 heures.
  2. Évaluer votre site réellement : les outils automatiques ne détectent qu'une partie des défauts. Une vérification manuelle, au clavier et avec des lecteurs d'écran, est indispensable.
  3. Corriger en priorité les parcours essentiels : recherche, fiche produit, panier, paiement, création de compte, contact.
  4. Documenter votre démarche : état de conformité, défauts connus, calendrier de correction, moyen de signaler un problème.
  5. Maintenir dans le temps : former les personnes qui publient, vérifier chaque nouvelle page.

Évitez les surcouches vendues comme une « mise en conformité en un clic » : elles ne corrigent pas le code du site.

Sources

Ce guide présente le cadre applicable à la date indiquée. Il ne constitue pas un conseil juridique : pour une situation particulière, consultez un avocat.

Savoir où vous en êtes

Le pré-diagnostic gratuit vérifie si votre activité est concernée et analyse votre page d'accueil. Réponse en 48 heures.

Demander mon pré-diagnostic gratuit